Le processus de Victimisation
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L'inceste coïncide aussi avec un lent processus de victimisation ou victime et auteur jouent une partition tragique qui sonne comme le trépas de la pulsion de vie.
Le processus de victimisation sexuelle de l'enfant est une véritable relation d'emprise, c'est-à-dire un processus d'aliénation mentale comparable aux manipulations psychiques pratiquées dans les sectes ou d'usage courant chez les publicitaires qui ciblent des publics de plus en plus jeunes.
Tout y est faussé et prémédité, la passion télescope la raison, les sentiments des victimes sont bafoués et exploités, le désir est émoussé de manière artificielle, les émotions authentiques sont inhibées, verrouillées et la pensée individuelle est annihilée.
De manière insidieuse,le fonctionnement affectif de l'agresseur conditionne la victime à se soumettre à des transactions malsaines et/ou pathologiques.
La vulnérabilité de l'enfant est ainsi exploitée suivant des stratégies dont l'efficacité est redoutable.
Les effets post-traumatiques du processus de victimisation sexuelle fonctionnent ensuite comme une onde de choc symptomatique qui perturbe autant l'enfant que son entourage.
PAR DEFINITION ,UN ABUS SEXUEL:
La définition de l'abus sexuel se décompose en neuf points principaux:
-Transgression de normes sociales et/ou de règles familiales;
-Manifestation d'un abus pouvoir ou de confiance;
-Impliquant l'intimité et l'intégrité corporelle;
-Concerne des actes sexuels imposés qui comprennent des formes verbales;
-Existence d'une activité sexuelle,planifiée ou non,ponctuelle ou répétée,entre un adulte ou un partenaire plus âgé et un enfant (mineur d'âge);
-Existence habituelle d'une différence d'âge significative entre la victime et l'abuseur;
-L'enfant est exposé à une stimulation sexuelle inappropriée à son âge,à,son niveau de développement psycho -sexuel et à son rôle dans sa famille ou dans son groupe social;
-A l'intérieur du cercle domestique,dans la famille élargie ou dans l'entourage social;
-Pouvant entraîner des dommages importants chez l'enfant et la perturbation de ses liens familiaux et sociaux.
LES ENQUÊTES SOCIOLOGIQUES:
-4 sur 5 de ces actes ont été commis pendant l'enfance ou l'adolescence;
-4% des femmes ont été violées,2% des hommes ont fait l'objet de tentatives ou d'actes de pénétration;
-1 agresseur sur 4 est un membre de la famille ou une personne de confiance,1 agresseur sur 6 est un étranger;
-Les filles ne sont pas les seules à être abusées,mais elles le sont davantage à l'intérieur de la famille que les garçons;
-Si l'âge médian au moment de l'abus est de 8-10 ans,les a bus commis sur des enfants beaucoup plus jeunes ne sont pas exceptionnels;
-1% des agresseurs sont de sexe féminin;
-Moins de 28% des femmes et moins de 10% des hommes ayant vécu une offense sexuelle ont demandé de l'aide.
À côté de ces nombreuses études épidémiologiques,de nombreux cliniciens se penchent sur la question des conséquences psychopathologiques des abus sexuels et de l'inceste en particulier.
A la fin des années 1980,nous assistons à une véritable flambée d'articles et d'ouvrages scientifiques.
L'ENFANT ABUSE CÉSURE SOUVENT LES MOTS QUI FONT CORPS AVEC LE SEXUEL.
Parce qu'évoquer ce corps-là,c'est parler de trop et parfois redire,c'est refaire.
Comme par un effet de miroir,l'enfant perd l'image de soi,en captant celle de son abuseur. Cette image est notamment caractérisée par l'impossibilité d'avoir des relations égalitaires avec les autres. L'enfant se voit comme un objet usé ou un tas de chair avariée .Cette dévalorisation conduit à une dépersonnalisation et à une cassure identitaire.
La faible estime de soi, le manque de confiance,la blessure narcissique profonde empêchent l'enfant de se forger une personnalité singulière et de se réaliser dans un être structuré.
La honte d'avoir eu des rapports sexuels avec un adulte,surtout s'il s'agit d'un proche,peut engendrer le dégoût de soi-même et d'énormes difficultés à assumer la vie de relation.
En guise de conclusion:
Depuis Ferenczi(1932),nous savons que les passions des adultes et leur influence sur le développement du caractère et de la sexualité de l'enfant ont souvent des conséquences désastreuses pour son devenir et son bien-être .De son for intérieur ,l'enfant «incestué» ,héritier d'une généalogie traumatique et figure mythique d'un ordre inversé regarde avec angoisse les adultes qui ont confondu le langage de la tendresse avec celui de la passion.
LE TEMPS DE LA DÉNONCIATION
Consciente de cette difficulté propre aux victimes de telles infractions, le législateur à entrepris de prolonger le délai de prescription : pour le viol , il est passé de 10 à 20 ans; pour les agressions sexuelles, autres que le viol, de 3 à 10 ans; et pour les agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par ascendant ou personnes ayant l'autorité, le délai à même été rallongé à 20 ans.
Le cas de figure le plus épineux pour les enquêteurs est la dénonciation des faits par un seul parent, vivant séparé de l'autre, le plus souvent celui chez lequel réside l'enfant.
Tous les juges aux affaires familiales ce trouvent confrontés à ce que certains dénomment «le syndrome d’aliénation parentale» qui se défini comme la condition psychologique particulière d'un enfant qui s'allie fortement à l'un de ses parents (le parent préféré) et rejette la relation avec l'autre parent (le parent aliéné) sans raison légitime.
Les juges aux affaires familiales sont ici très vigilants, et menace souvent, au travers des décisions qu'ils rendent, le parent qui ne respecte pas la place de l'autre auprès des enfants, de les confier à ce dernier s’ils ne changent pas d’attitude.
Il n'est pas rare alors que le parent instrumentalise la justice. Ainsi, pour faire échec aux droits du père, l'ex-épouse n'hésite pas à dénoncer des faits imaginaires, d'attouchement à l'encontre de son ex-conjoint, ce qui à pour effet immédiat de suspendre le droit de visite, au moins le temps de la procédure, qui peut s'avérer long, surtout si, le père ayant bénéficié d'un non-lieu ou d'une relaxe, la mère fait appel.
Dans ce type de figure, la parole de l'enfant est prise avec circonspection par la police et la justice, et si l'affaire donne lieu à l'ouverture d'une information judiciaire, il est plutôt rare que face aux dénégations de l'autre présumé des faits, ce dernier soit incarcéré.
La crainte étant une dénonciation imaginaire que l'instruction, à charge ou à décharge, doit mettre en évidence.
Notons un apport intéressant de la loi du 8 février 2010, qui permet de pallier ce problème : le législateur à décider qu'en cas d'inceste, l'enfant serait obligatoirement représenté en justice, non par l'autre parent, mais par un administrateur AD HOC, ce qui permet de mettre une distance entre l'enfant et le parent accusateur.
DIRE OU TAIRE L'INCESTE
Lorsque l'annonciateur est entendu, les faits vécus passent d'un statut anomique au statut de fait social communicable, dans lequel chaque acteur est positionné : l'incesté est une victime d'inceste, et son incesteur va devenir un agresseur.
En fait, l'annonciateur viens bousculer, contrer, renverser, la représentation du monde et de l’ordre avec laquelle vie l'incesté durant de longues années.
D'où la peine à l'entendre et le formidable concours de circonstances qu'il faut à ses propos pour faire office d'annonce.
Mais lorsque l'annonciateur est entendu, il est un élément charnière dans l'espérance des incestés qui peuvent maintenant mettre un mot sur un mal-être, toujours présent et confus.
Places qui vont à l'encontre de ce qui à été appris et de l'image que les victimes et leurs proches partagées jusque-là d'eux-mêmes et de l'agresseur.
La désignation de ces statuts fait alors l'effet d'une bombe.
RISPOTE FAMILIALE:
La victime, à force de s'entendre répété qu'elle ment et commet des bévues, bref, qu'elle n'est pas crédible, fini par ne plus tenter de convaincre les familiers et les proches de la réalité de l'inceste.
Cette perte d'élan vaut à l'intérieur de la famille, comme à l'extérieur, ou il faut aussi insister pour convaincre de la réalité du délit.
Contraints à réagir à l'annonce de la victime qui menace l'image de la famille, familier et proches contestent ainsi l'inceste par un mouvement spontané, quitte à mettre en doute l'intégralité morale de la victime sur les faits annoncés.
En déconsidérant la parole de la victime, dont la plainte paraît on ne peut plus incongrue, ils se gardent bien, volontairement ou non, d’interroger les faits énoncés, irrémédiablement bloquer dans un ailleurs impensé.
texte extrait du dossier "inceste" du magazine Santé Mentale n°156
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Propose la participation à une recherche portant sur « Les représentations et la réalité de la parentalitéchez les jeunes femmes ayant subi l’inceste, en fonction des modes de prise en charge. »

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