Le processus de résilience

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LE PROCESSUS DE RÉSILIENCE

L’importance de la narrativité : Aptitude à se représenter quelque chose qui n’est pas là,être capable d’une représentation de temps. La narrativité joue un rôle majeur dans la théorie de la résilience.

Le fait d’être capable de parler de quelque chose qui n’est pas,nous donnons vie aux fantômes,c’est à dire ,nous pouvons donner la parole aux problèmes de nos parents,nous pouvons donner la parole à des évènements,des traumatismes que nous avons subis 10 ans auparavant,20 ans....

C’est l’aptitude à la parole qui fait notre merveille,fait notre souffrance. Nous arrivons à nous faire souffrance avec la représentation de quelque chose qui n’est pas là,c’est-à-dire avec un fantôme.

Un fantôme est l’apparence de quelqu’un qui est mort,or lorsque l’on a été traumatisé, l’on a été mort. Le fantôme réapparait,c’est l’apparence de quelqu’un qui a été mort(le passé,le traumatisme,un parent qui est mort.....).

Tous les gens qui ont connu un traumatisme disent: je reviens à la vie,je sors de l’enfer,j’ai été morte pendant 20 ans,30 ans....

Ce sont des mots qui traduisent un réel sentiment éprouvé dans le corps.

La narration : est un acte de parole,la parole a une fonction bien plus affective qu’informative .L’acte de parole a un effet tranquillisant.

L’empathie : c’est l’aptitude à se mettre à la place d’un autre,c’est une reconstruction. Cette reconstruction est permise par les interactions affectives préverbales.

Le déni : Refus d’une chose due,de remplir une promesse. exemple:déni de justice:refus fait par un juge de rendre justice.

Le déni peut-être comportemental(je ne veux pas le voir).

Le déni peut-être émotionnel(on tourne la page,c’lest du passé....)

Le déni peut-être psychologique(dans un premier temps,c’est souvent un mécanisme de défense et dans un 2ème temps,c’est une amputation de la personnalité.

Avant le récit,la narration,il y a une préparation,un type de développement soit émotionnel,biologique,psychologique . Lorsqu’arrive le traumatisme,la déchirure arrive sur une personnalité constituée différemment pour chacun d’entre nous .

La construction de cette personnalité dépend:en partie du programme biologique,sinon sur le plan psychologique,nous avons pratiquement tous les mêmes promesses ,mais nous n’avons pas tous la même histoire,le même développement.

Au moment ou arrive le traumatisme,nous sommes déjà constitués par nos développements,nos histoires.Le développement a une connotation plus biologique même si elle exige un environnement affectif. L’histoire a une connotation plus de représentation verbale de soi ,de son identité narrative(qu'est-ce que je suis ?)

Donc les discours privés et publics se mélangent pour participer à la constitution de mon identité. L ’indifférence est un facteur de protection et non un facteur de résilience.

L’adaptation n’est pas un facteur de résilience,exemple:glacé mes émotions,pour moi souffrir est un facteur d’adaptation,mais cela dure trop de temps. Cela m’empêche de revenir à la vie,donc ce n’est pas un facteur de résilience.

Tuteurs de développement : un enfant non déchiré voit autour de lui,maman,papa,le frère la famille,tous ces tuteurs de développement que l’enfant à besoin,pour devenir lui-même. L’enfant se dépatouille autour de ces tuteurs,pour se faufiler autour d’eux.

Tuteurs de résilience : c’est lorsqu’il y a eu un traumatisme,une déchirure grave,une blessure,et c’est avec cette déchirure que les enfants devront reprendre un type de développement.

Mémoire épisodique :je me rappelle quelques flashs,quelques images de ma mémoire.

Mémoire sémantique :c’est le récit que j’en fais.

L’acte de parole nous rétablit dans le monde des humains.

Narration parler : Le fait de faire une narration parler ou une narration écrite,ce n’est déjà pas le même travaille affectif. Dans la narration parler celui qui écoute participe à l’acte de parole de celui qui parle.

Narration écrite : exemple:J’ai la possibilité de faire un remaniement cognitif de mon émotion. Je vais chercher les mots,je vais m’adresser au lecteur invisible,qui va comprendre à la perfection.

Je vais chercher à bien m’expliquer,je vais corriger. J’ai une maitrise émotionnelle,une plongée intime,qui n’est pas tout à fait le même travail,que lorsque je m’adresse a quelqu’un. Même s’il se tait, il participe à mon discours,par ses mimiques,ses réactions verbales ou silencieuses.

Pour la résilience,les 2 manières de travailler sont nécessaires :

Travailler la parole avec quelqu’un même,s’il n’est pas d’’accord,s’il m’affecte,est un travail nécessaire .

Le travail de la parole écrite,qui n’est pas le même, ne correspond pas à la même zone du cerveau, ne correspond pas à la même fonction d’élaboration,exemple:lorsque j’ai écrit ma tragédie, sur un journal intime sur un manuscrit,sur une lettre,je l’ai objectivé(je peux la corriger y revenir).

C’est probablement deux manières d’élaborer,le traumatisme : toutes les deux sont complémentaires,toutes les deux correspondent à une expression de soi différente.

Mais il n’y a pas que la parole:il peut y avoir le dessin,le théâtre,la poésie....

Nous ne pouvons pas faire parler un enfant,le faire dessiner n’importe comment. Mais c’est important de lui proposer un lien d’expression:dessin,parole parler,parole écrite,théâtre,poésie....

Exemple: la poésie est certainement une fonction désuète dans un pays en temps de paix. La poésie est très importante en tant de guerres parce que c’est une manière de dire,de trouver les jolis mots,les jolies musiques,pour dire l’horreur.

On ne peut pas dire l’horreur cliniquement,c’est encore plus horrible. Dire les choses,tels qu’elles se sont passées c’est obscène. Très souvent les victimes disent qu’elles ont honte d’elles-mêmes,alors qu’elles sont victimes.

Exemple : j’ai été blessé,mutilé. J’ai été violé donc je suis un peu moins que les autres. C’est un raisonnement psychologique même si ce n’est pas logique.

Donc pour réparer leur honte,nous ne pouvons que nous mettre à leur rythme,nous allons créer des lieux d’expressions,et les ramasser comme les blessé(e)s de la route,quand nous pourrons ,avec une certaine technique,avec un certain moment, surtout pas n’importe comment.

 

Sandrine Rochel

 

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