Le dévoilement
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Dire que l’inceste est indicible,c’est un lieu commun qui ne résiste guère à la confrontation des expériences et des témoignages.L’inceste se dit,mais il n’est pas toujours entendu.
Quand il s’agit d’inceste,la plainte s’exprime aussi sous plusieurs formes:le corps parle,les désordres du comportement sont un langage.
Autant de signes qui ne sont pas encore déchiffrés parce que la réalité du phénomène inceste à été longtemps niée.
Les médecins,les instituteurs,les travailleurs sociaux,chacun de ceux qui voient vivre des enfants maltraités pourraient lire la souffrance derrière un regard apeuré,un trouble de la mémoire,de mauvais résultats,soudain,à l’école.
Pendant des années,ce sont les seules façons de dire l’abus sexuel ou l’inceste.
Les mots n’arrivent que bien après.Il faut pour cela un déchirement,une rupture. Un petit ami ou un mari qui s’en va,une grossesse impossible,une phobie qui empêche de vivre comme tout le monde:les victimes découvrent alors que la douleur qu’elles essaient de taire est beaucoup trop intense pour être oubliée.
Les mots sont difficiles à prononcer,mais ils ont un extraordinaire pouvoir de libération. Nommer son supplice ,c’est déjà en partie pouvoir l’isoler et le combattre .Pour autant cette parole n’est pas la fin du cauchemar.
Elle est une bombe dans la famille et dans l’entourage,d’autant plus destructrice que la vérité aura été tenue secrète longtemps. Les parents plus éloignés,les amis et les voisins vont découvrir que derrière la façade bien lisse se cache une tragédie.
Un père en prison,un enfant placé dans un foyer,les questions indiscrètes des policiers ou des journalistes:la cellule familiale déjà si désorganisée finit souvent par exploser,et ce n’est pas toujours au bénéfice de celui ou de celle qui a parlé. Il leur faudra souvent affronter les regards gênés ;les invitations à se taire,les refus d’entendre. Parler est indispensable , mais c’est quelquefois dangereux.
DIRE SANS PARLER
La souffrance ,avant qu’elle ne puisse s’exprimer avec des mots,a un visage et des attitudes . Les premières paroles désordonnées prendront une vraie puissance plus tard quand enfin quelqu’un saura les prendre en compte.
LES PREMIERS MOTS
Les mots sont difficiles à trouver parce qu’ils ont disparu. Jusqu’à un certain âge,ils permettent d’exprimer l’abus sexuel dans ses moindres détails .Mais très vite leur clarté se trouble,quand il s’agit d’inceste.
Il faut souvent un conflit,une tension,une crise,pour que ça se révèle. L’état de tension permet à l’enfant qui s’est adapté à une situation de réagir .Il y a l’adolescence,la maturation,mais aussi un conflit d’autorité avec le père:le père refuse la sortie,par exemple.
Les paroles rendues publiques,aujourd’hui,sont celles de femmes qui ont choisi de s’en sortir en faisant connaître ce qu’elles avaient subi.
Leur intelligence,leur sensibilité,leur volonté les rendent capables d’exprimer leur souffrance. Même pour ces femmes,le moment où il a fallu parler,la première fois ,reste un souvenir terrible.
Pour un homme ou une femme en détresse,porteur d’un secret inavouable,l’aveu de la souffrance est extrêmement difficile. Quand la parole se libère,il faut être prêt à recevoir la réalité,dans un premier temps bredouillée avec angoisse.
Pour que certaines choses soient dites,il suffit parfois d’une oreille capable de les entendre. La tendresse et l’écoute peuvent permettre d’exprimer ce que cache la violence des conflits familiaux.
Quand les mots ont été prononcés, une nouvelle vie commence pour les victimes. Elle n’est pas forcément plus facile .C’est un autre combat,aussi dur,mais le terrain a changé. En dénonçant l’inceste,l’enfant,l’adolescent ou l’adulte redevient acteur de sa propre vie.
LA BOMBE
L’inceste dévoilé est une bombe dans la famille. Que ce soit un viol,une liaison,ou un climat incestueux. La déflagration est d’autant plus importante que le secret a été maintenu longtemps. La vérité rend incrédules ceux qui l’ont côtoyée sans la voir.
La stupéfaction et l’écoeurement peuvent aussi se retourner contre la victime elle-même. La vérité est insoutenable pour l’entourage qui,sans chercher à excuser la faute du père (par exemple),accusera néanmoins la victime d’avoir séduit,de s’exhiber,de trop parler.
Ceux des membres de la famille qui ne rejettent pas la vérité sur l’inceste apprennent à leur tour à mettre en place des mécanismes de défense. Ils se protègent d’une réalité trop dure en perdant la mémoire des événements ou en écartant toute émotion.
LES SOURDS ET LES AVEUGLES
Les enfants abusés sexuellement n’ont pas les mots pour le dire. Les adultes et leur entourage ne parviennent pas toujours à saisir leur comportement et leurs maux les signes de leur désespoir:renfermement,échec scolaire,anorexie,boulimie,mutilation,énurésie,réaction sur le corps(zona,eczéma...),somatisation, etc.....





- la communication filiaire
Ajouter un commentairesaintoyant lydie - 14/07/2011 à 09:47
"tant que le coeur serre encore de ses souffrances, le soin ne se suffit pas à exprimer ce que l'on ressent mais surtout à être comprise par l'écoute de l'autre dans la compréhension du vécu de chacun qu'il diffère ou non. la filiation de l'abus sexuel est automatique tant que l'expression par les mots au niveau de la relation mère fille n'a pas été exprimé au sens le plus concret du questionnement de chaque victime et du ressenti par l'échange et la confidence afin de ne pas jeter son dévolu dans le déni mais dans la simple reconnaissance de l'impossibilité a un moment donné d'avoir pu écouter et comprendre le passé qui a fondé la famille et chaque sujet" lydie
victime poly traumatique et éducatrice spécialisée
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