La lutte contre le viol
Le viol est un crime. Il porte très gravement atteinte à la dignité de la personne. Ses répercussions psychologiques, morales et sociales sur la vie des victimes sont considérables, surtout lorsqu’elles n’osent pas en parler et que, de ce fait, aucune aide adéquate ne peut leur être apportée.
La lutte contre le viol est récente. Dès 1950, ce sont les intellectuels de France pendant la guerre d’Algérie qui, dans leur lutte pour dénoncer la torture, tentent aussi de lever le voile sur les innombrables viols commis par l’armée française.
Parmi les nombreuses victimes, seulement quelques-unes ont le courage de porter ce crime à la cour; notamment Djamila Boupacha, une combattante du FLN torturée par le contingent de parachutiste sous les ordres du Général Massu.
Son avocate Gisèle Halimi et l’auteur et combattante du féministe Simone de Beauvoir créeront le comité à son nom pour plaider sa cause devant la Cour. Gisèle Halimi défendra d’autres victimes de viol, notamment »affaire bobigny ».
Plus tard, ce sont les féministes américaines qui, dès le début des années 1970, dénonceront aussi les violences sexuelles. Leurs études ont eu un large écho dans les pays anglo-saxons, puis en France, où le Collectif féministe contre le viol s’est constitué en 1985. Ce sont les luttes féministes qui ont contribué à faire évoluer les lois.
Plus de 75000 femmes sont violées en France chaque année,une toute les Sept minutes.
Le viol n’a rien d’un fait divers:une femme sur 10 subira un viol ou une tentative au cours de sa vie.
Il faut garder a l’esprit qu’il s’agit d’un crime puni par des lois évalué par des statistiques.
Un crime qui les femmes en grande majorité,mais qui touche toutes les couches sociales,toutes les tranches d’âge.
Un crime ou ,dans 8 cas sur 10 ,le violeur est connu de sa victime .C’est un père ,un mari,un ex-amant,un patron….Et ,contrairement aux stéréotypes,beaucoup plus rarement un marginal qui sévit au hasard dans un rue déserte. Un phénomène de société,donc. Aveugle ,massif.
Seul 2% des viols sont condamnés aux assises,contre 50% des homicides.
L e premier trou noir:le parquet .l’instruction bouclée,le procureur peut décider de classer le dossier sans suite pour éléments insuffisants. l ‘affaire est alors renvoyée en correctionnelle.
Aujourd’hui encore,seulement 5 à 10 % des victimes portent plainte,le second trou noir est là.
La première campagne contre le viol date de 1976. Quatre ans plus tard,le viol devient un crime,décrit dans le code pénal comme «tout acte de pénétration sexuelle,de quelque nature qu’il soit,commis sur la personne d’autrui,par violence,contrainte,menace ou surprise. »
En 1986, l’Etat finance un numéro vert pour les victimes;en 1992 le viol conjugal est reconnu est reconnu par la loi et en 2006 il devient une circonstance aggravante;en 2000 arrive le fichier d’empreintes génétiques pour les délinquants sexuels;à la même époque,une commission nationale sur les violences sexuelles voit le jours:elle permet notamment l’élaboration d’une charte pour l’accueil des victimes dans les commissariats.
L’époque actuelle est inquiétante:le taux de plaintes stagne,voire recule,depuis une dizaine d’années. Les violences sexuelles a l’égard des femmes,elles,recommencent à augmenter.
Dans ces affaires ou tout repose sur la parole de la victime,il est crucial de s’ avoir l’entendre.
Le viol se sont des ex-victimes qui en parlent le mieux .Hélas,elles en parlent rarement.
Elles pourraient dire: « j’ai été violé « ,techniquement,c’est ce qu’il s’est passé.
Pourtant,toutes disent:
« je me suis fait agresser « ,c’est plus simple.
Un peu de déni ,ça fait moins mal,ça fait moins peur. « Se faire violer « :ou est le violeur,dans l’énoncé?Nulle part .Disparu .Dès les tout premiers mots,elles sont comme responsables. Le viol est bien le seul crime dont la victime soit toujours un peu suspecte: « a chaque fois que j’en parle ,je dois me justifier « .
L’histoire collective a durablement marqué les esprits. le viol a toujours été puni,mais autrefois les victimes l’étaient aussi,explique l’historien George Vigarello .Elles avaient vu le mal:on pensait qu’elles étaient souillées et complices .
Contaminées,elles devenaient contaminantes:il fallait les exclure s de la société. Elles n’étaient plus mariables,et certaines étaient bannies.
Ca n’émouvait personne;leur corps appartenait à leur mari ou à leur père .D ‘ailleurs,jusqu’à la révolution,la justice parlait de rapt,pas de viol .Le crime,c’était d’avoir dérobé la propriété d’autrui.
Il a fallu attendre les années 70,la pilule,la loi sur l’IVG,pour que les femmes obtiennent le droit de disposer de leur corps. Quarante ans , c’est très peu a l’échelle de l’humanité.
Souvent la victime connait le violeur. Dans 35% des cas,il s’agit de son partenaire. Or,dans ce cas,l’absence de consentement est beaucoup plus dure à prouver. Car nous continuons de penser,à une très large majorité,que le sexe fait partie du devoir conjugual.
« On a toujours pas intégré qu’un femme a le droit de dire non à tout moment ».
Pour éviter toute équivoque,il y avait aussi des insultes. Des gifles. Justifier,justifier….
S’il y a eu couteau,il y a viol:là on conçoit que la victime n’ait pas pu se défendre; Autrement ,ce serait plus douteux.
Les statistiques le prouvent;ce n’est pas dans la rue qu’elles sont le plus en danger.
La stratégie du violeur est la même:d’abord ,isoler sa proie,en la coupant de son entourage ou en choisissant un lieu désert. Ensuite,la mettre plus bas que terre:il la frappe,l’insulte ,l’humilie…
Puis la violer,le menacer. Enfin rejeter la faute sur elle.
En France,si les femmes parlent de plus en plus dans les enquêtes de victimation ,le taux de plaintes reste,en revanche,très faible. Surtout dans le cas de viol conjugual:à peine 4% dès procédures affirme la sociologue Véronique Le Goaziou.
Plus la victime est proche de son agresseur,moins elle porte plainte. I est toujours dans les parages,donc elle a peur. Et l’entourage peut faire pression ,notamment dans les milieux aisés,ou l’on a beaucoup plus à perdre(un nom,une réputation…).
Ce qui explique au passage que les procès soient bien plus fréquents dans les milieux populaires,laissant croire à tort que le viol est le privilège des pauvres…
Reste que la procédure est longue (trois ans en moyenne,si elle tient jusqu’aux assises),aléatoire(non-lieu,classements sans suite,acquittements) et donc dissuasive.
* extrait de l’article de Marianne N° 727 sur le Viol en France













Comment voulez-vous qu’on parle !!
On ne nous laisse pas la possibilité de le faire.
Depuis plus d’un an je recherche en vain une association avec laquelle je pourrais partager , avancer dans mon combat,dans ma reconstruction. Et dans laquelle je pourrais essayée de faire bouger les choses ( à mon niveau ), à plusieurs, on peut faire avancer et connaitre les choses, On peut faire entendre nos voix et dire « y ‘en a marre »
Il n’y en a aucune dans mon département. Aucune association ne veut de moi. Je me sens seule ,horriblement seule.
Si ça avait été mon patron, mon père (ou toute personne de la famille), mon mari je trouverais de l’aide, mais je n’ai été violée ni par les uns ni par les autres.
Juste de « simple » viol, ceux dont on ne parle pas. Mais je pense ,les plus fréquent.
Sans coup, sans arme, par surprise, par ignorance aussi( mais bon à 7-8 ans..), … Ben quoi ils ont juste joué au docteur…
Donc aucun organisme ne veut m’aider . Aucun groupe de paroles ne m’accepte .
Peut être qu’il n’y a pas d’association dans mon département,parce que je suis la seule à avoir été violée ??
Si c’était le cas ,je dirais tant mieux. Tant mieux qu’il n’y en ai pas dans le 53.
Je suis fatiguée de ramer toute seule.
Je suis fatiguée que personne ne veuille m’aider.
Je suis fatiguée que personne ne sache et ne comprennent ce qu’est un viol.
Je suis fatiguée d’être obligé de chercher par moi même ,pour comprendre ce qu’il m’arrive.
Je suis fatiguée d’être moi même obligée d’expliqué aux gens ce que provoque un viol,plutôt qu’ils ne m’aident.
Je suis fatiguée …et je vais perdre mon emplois (si je ne reprends pas le travail de suite , chose qu’il met impossible de faire actuellement),un métier que j’adore,à cause de certains hommes qui se croient tout permis, et d’autres qui ne disent rien.
Je suis tellement fatiguée ,
je suis épuisée.
Bonjour,
Je tombe sur votre témoignage, car je cherche a me reliée a ce combat, qui est également le mien, certe mon histoire n’est pas la meme, mais peu importe le combat est le meme.
Je tenais tout simplement a vous apporter mon soutien, je ne sais pas si je suis prete a parler de mon vecue, mais je peux vous lire et vous repondre, si vous le souhaitez.
Je ne sais pas si du haut de mes 24 ans, je pourrais vous apporter ce que vous avez besoin.
Ne baisez pas les bras, Lucie, merci!
Désoler pour les fautes d’orthographe.
michelle
BONJOUR Lucie,
Je comprend votre détresse!
L’association est à votre écoute ,afin de vous aider et de vous orienter au plus juste pour vous-même.
Je vous invites à nous contacter si vous le souhaitez sur notre portable au 07 61 63 31 54.
Non vous n’êtes pas seule dans votre situation !!!
Merci
Je recherche surtout une association ou un groupe de parole en VRAI.
Virtuellement j’ai des amis , j’ai des forums .
Mais je voudrais du vrai contact.
J’essaierais de vous joindre dès que je serais tranquille.
Merci
Mais ne vous inquiétez pas ,je suis suivi par un psychologue 2/mois,une psychiatre 1/mois.
La seule orientation que je souhaite c’est rencontrer des gens en VRAI.
Et pouvoir faire bouger les esprits.
Si cela vous intéresse nos ateliers reprennent en Septembre, les nouvelles dates seront mises sur le site. Au plaisir de vous y rencontrer, et n’hésitez pas à prendre contact par email ou téléphone. Bien Cordialement. Sandrine
Oui mais que dans votre département…
Vous n’avez pas de liens avec d’autres département ???
Nous sommes présent dans le Vaucluse, en ce qui concerne les groupes de parole, et une annexe sur Brest.
Merci c’est gentil.
Mais j’habite à 300 kms de Brest .
Presque 800 de Carpentras…Dommage.
Ça me soûle de ne rien trouver.
J’en ai parlé au médecin du travail que j’ai vu vendredi.
Elle m’a soutenu qu’il y avait une asso dans mon département ,elle m’a même donné un nom.
Et cette asso n’existe que dans le département d’à coté,et pour le harcèlement moral.
Ça ne me correspond pas du tout.
Personne ne nous aident.
Je demande partout de l’aide , y’a rien pour nous.
Donc on est rien ?
Désolée de vous avoir dérangé
Merci beaucoup.
Vous ne nous dérangez pas du tout, nous sommes là. Nous pouvons continuer par email, par téléphone, surtout ne baissez pas les bras, je sais que la situation pour vous est difficile, vous avez une association qui est bien, un peu loin de vous, et qui s’appelle SOS Inceste pour revivre voici le lien :
http://association.118000.fr/v_nantes_44/c_association-humanitaire-entraide-action-sociale/e_sos-inceste-pour-revivre_0240893080_C0003266614
Je ne sais pas si cette association pourra vous « correspondre » elle est un peu moins loin que Brest (200 Km pour vous)
N’hésitez pas à prendre contact avec moi, par email (infos@vivresoleilrenaitre.fr) , par téléphone (Port: 07.61.63.31.54), je répondrai toujours présente.
Bien Cordialement
Sandrine Rochel
Bonjour
Merci.
Oui c’est déjà plus près , Nantes est à 100 kms de chez moi.
En fait je suis très compliquée je crois.
J’aurais besoin de parler avec des personnes agressé pour ce donner des astuces ou autres contre nos peurs. Et pouvoir se soutenir dans les avancements,(ne serais ce que de se pomponner, ou s’habiller en femme…)
Et en même temps j’aimerais me battre et m’associer avec des personnes qui ont juste subis des viols.
L’inceste on commence à en parler. Et je n’ai pas subi d’inceste.
Harcèlement on en parle aussi , et je n’ai pas été harcelé.
Je voudrais pouvoir parler de ce que je connais.
J’ai juste été violé par des jeunes quand j’étais jeune. la première fois vers l’âge de 7 ans à peut près et plusieurs fois ensuite.
Et je n’avais pas compris que c’était des viols, et ça m’a bousillé 40 ans de ma vie.
Ce que je voudrais , c’est pouvoir diffuser que les « touche pipi », « jouer au docteur », etc peuvent être des viols. Même si les gars n’en ont pas conscience .
Que de doigter une fille ,si elle ne le veut pas ,c’est un viol.
Même si elle est consentante pour l’embrasser.
Voilà j’aimerais pouvoir faire avancer les choses dans ce domaine là.
Diffusion dans des écoles peut être.
En fait Je cherche quoi faire pour que ça s’arrête.
Qu’il n’y ai plus de viol juste par méconnaissance.
Merci
Lucie